Avant 1837, Constantine, perchée sur son rocher et ceinturée par les gorges du Rhumel, était une véritable forteresse. La ville était protégée par une muraille percée de sept portes, bien que certains auteurs en mentionnent six portes, toutes fermées la nuit afin d’assurer la sécurité des habitants.
Ces portes n’étaient pas de simples passages : elles incarnaient l’organisation, la vie quotidienne et la puissance défensive d’une cité plusieurs fois millénaire.
Les principales portes étaient Bab El-Djabia, Bab El-Oued, Bab El-Djedid et Bab El-Kantara, auxquelles s’ajoutaient Bab El-Raouah, Bab El-Hanancha et Bab Cirta.
Chacune d’elles ouvrait sur un monde particulier, reliant la ville à ses vallées, ses marchés, ses routes commerciales et ses lieux de culte. Les trois portes exposées à l’Ouest-Sud-Ouest, à savoir Bab El-Djedid, Bab El-Oued et Bab El-Djabia formaient un ensemble défensif remarquable, dominé par de hautes murailles, et desservaient la partie basse de la ville.
. Bab- El- Djabia ou Porte du Bassin "باب الجابية".
Parmi les anciennes portes qui marquaient les accès de Constantine, Bab El Djabia occupait une place particulière. Située à l’entrée du pont Sidi Rached, entre Bab El Oued et Bab El Kantara, elle ouvrait la voie vers la partie basse de la ville et menait à l’actuel quartier de Souika. D’après le Kitab Tarikh Qosantina, son nom proviendrait d’un bassin où les fidèles s’arrêtaient pour boire et effectuer leurs ablutions avant d’entrer dans la cité.
À l’époque ottomane, selon Ernest Mercier qui cite M. Vayssetes, la ville était divisée en deux grands partis : celui de la basse ville, correspondant à Bab El Djabia, regroupait les Abd-el-Moumen, un groupe influent dans la vie politique constantinoise, et de l’autre, les Ben Lefgoun avec les habitants de la haute ville, depuis le quartier d’El-Betha, où est située la grande mosquée, jusqu’à la Casbah.
Construite sous la dynastie des Hafsides, cette porte donnait autrefois accès à un souk animé aujourd’hui disparu, remplacé par le Remblai. Cette porte conserva son ancienne appellation même après la conquête française, témoignant ainsi de la permanence de l’identité historique de la ville.
Maisons Réhabilitées au Niveau de la Place Bab El Djabia.
Constantine . Bab El Djabia.
. Bab El Kantara "باب القنطرة", littéralement la porte du pont, reliait la ville au théâtre romain, que les habitants appelaient Qasr El-Ghoul "le Palais de l’Ogresse". À l’est s’étendait un lieu de rassemblement et de promenade nommé Haqel Mars "Champ de Mars", d’où partait la route vers le plateau de Mansourah et le Jebel El-Wahsh.
Quartier Bab El Kantara.
. Bab El-Oued, appelée aussi Bab Mila "باب الواد ” أو باب ميلة”", donnait accès aux collines de Koudia Ati et se situait à l’emplacement du Palais de Justice actuel.
. Bab El-Djedid "باب الجديد", se trouvait quant à elle au nord de l’actuelle place du 1er Novembre. Certains la situe à l'actuel emplacement de la BNA. Elle marquait l’entrée principale de la ville et fut également démolie en 1925.
. Bab Er-Rouah "باب الرواح", dominant un sentier étroit et sinueux, donnait accès à la rive nord du même oued et conduisait vers les sources de Sidi Mimoun, qui se déversaient dans les bassins de la cité. Elle serait située au lieu-dit El-Djorf, derrière l'actuelle caserne de la Casbah.
. Bab El-Hanancha "باب الحنانشة", située au nord, permettait d’accéder à la ville en traversant le oued Rhumel. Elle menait aux sources pures de Sidi M’Cid, qui alimentaient les bassins et les bains publics.
. Bab Cirta "باب سيرتا", située dans le Souk Boumzou, rappelait l’ancienne appellation numide de la ville : Cirta.
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