Situé au cœur de la vieille médina de Constantine, le quartier historique de Sidi El Djeliss bénéficie d’un emplacement privilégié, à proximité immédiate de Bab El Kantara. Il est délimité par la rue des Frères Bourouis au nord, la rue des Frères Arafa à l’ouest, la rue Rabah Bitat à l’est et la rue des Frères Makhlouf au sud.
À la jonction entre la partie basse de la Médina, autrefois considérée comme le quartier indigène, et les zones ouvertes vers l’extérieur, Sidi El Djeliss a toujours joué un rôle stratégique, tant sur le plan urbain qu’historique.
Dès l’Antiquité, le quartier aurait joué un rôle économique essentiel, servant de point d’échanges entre la cité et ses alentours.
. La Place Sidi El Djeliss.
Le quartier s’organise autour de sa place principale, la place Sidi El Djeliss, qui tire son nom du personnage religieux ayant vécu en ces lieux et de la mosquée érigée en son honneur. Véritable cœur battant du quartier, cette petite placette, bordée d’habitations traditionnelles, se distingue par la présence d’une fontaine, symbole de convivialité et de fraîcheur.
Autour de la place se déploie un labyrinthe de ruelles étroites, pavées et sinueuses, légèrement en pente, caractéristiques de l’architecture traditionnelle constantinoise. Son accès exclusivement piéton contribue à préserver la quiétude et l’authenticité de cet espace chargé d’histoire.
Sous la période Ottomane, la place était animée par les Halwadjia (confiseurs) et par les paysans de Gherrezla, venus y vendre leurs produits laitiers frais.
Durant la période coloniale française, plusieurs mosquées environnantes, telles que Sidi Safar et Sidi Tlemçani, furent détruites, tout comme la mosquée Sidi El Djeliss, démolie en 1851 pour céder la place à l’école Jules Ferry, aujourd’hui connue sous le nom de CEM Ould Ali.
Au XXᵉ siècle, notamment dans les années 1950-1960, la place retrouvait son effervescence quotidienne grâce aux fellahs de Hamma Plaisance et de Bekira, qui y exposaient leurs produits agricoles.
Malgré les transformations urbaines survenues au fil des siècles notamment sous les dominations ottomane et française, la place Sidi El Djeliss a su préserver son âme et demeure un lieu symbolique, porté par la présence intemporelle de sa fontaine.
Portes des Maisons de la Place Sidi El djeliss.
. La Fontaine de Sidi Djeliss.
Au centre de la place se dresse une petite fontaine quadrangulaire (1,2 m x 1,2 m), composée d’un unique bassin semi-circulaire et dotée d’une simple bouche d’arrivée d’eau. Édifiée à partir de six grandes pierres soigneusement taillées (73 cm x 49 cm pour une hauteur de 39 cm), elle servait autrefois aux habitants qui venaient y puiser de l’eau pour remplir leurs urnes.
Cette fontaine, dont l’origine remonte à l’époque romaine avant d’être reconstruite durant la période coloniale, est devenue au fil du temps un véritable symbole de la place Sidi El Djeliss.
Photo Ancienne.
. Le Marché aux Puces des femmes, ou Marché des Dellalates.
Installé au niveau de la rue des Frères Makhlouf, anciennement rue Barbier, ce marché constitue un espace emblématique de la vie populaire constantinoise. On y trouve des vendeuses souvent issues de familles modestes qui proposent vêtements, accessoires et objets d’occasion, perpétuant ainsi une tradition ancienne de troc et de commerce féminin.
La doyenne du marché, El Hadja Meriem, âgée de plus de 90 ans, y occupe la même place depuis 1939, incarnant la mémoire vivante et la résilience de ce lieu chargé d’histoire.
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