Située dans le nord de l’Algérie, la région de Constantine1 occupe une position intermédiaire entre l’atlas tellien et les hautes plaines orientales. Elle possède un relief contrasté dû à une géologie relativement compliquée. On distingue deux zones géographiques principales : une zone montagneuse au nord dont l’altitude varie entre 1500 et 800m et une zone de basse altitude au sud comportant une série de dépressions de 150m à 600m d’altitude au nord et un ensemble de collines et de plaines de 600 à 850m d’altitude au sud. Les principaux reliefs sont le Djebel Sidi Driss, Djebel Ouahch, Djebel Oum Settas et le Djebel Chettabah.

Le réseau hydrographique est relativement dense et s’écoule principalement du nord au sud. Il est constitué de deux cours d’eaux principaux, l’Oued Rhumel et l’Oued Boumerzoug dont le point de confluence est situé à Constantine, et de leurs affluents : Oued Athmenia, Oued Seguin, Oued Smendou, Oued El Klab et Oued Melah (Benabbas 2006, Bouedja 2010).


Les bazinas de Tiddis sont fouillées durant la même période et livrent la plus importante collection de poteries modelées peintes d’Afrique du Nord qui donnera son nom à un style particulier de décor géométrique : le style de Tiddis (Berthier 1956, Camps 1956).

De nombreuses formations géologiques du crétacé et du nummulitique constantinois sont des gites primaires de silex et de quartzites, deux matières exploitées par l’homme préhistorique. Les gites de silex sont principalement localisés dans les formations du crétacé moyen telles l’Aptien du Djebel Sidi Zouaoui et Koudiat Ain el Hajar et le Turonien de Sidi Mcid, Djebel Kerkera, et Djebel Chettaba. Des silex éocènes (YprésienLutétien) sont également connus à Ouled rahmoun, Djebel Kellal et Koudiat Ain el Hajar. Les quartzites ou grès quartzitiques semblent quant à eux provenir des flysch numidiens du Djebel Ouahch et des environs de Ben Badis (El Aria) et d’Ain Nhas (Fig. 1).


Les sites explorés durant la deuxième moitié du dix-neuvième siècle sont les sites paléontologiques de Mansourah, Ain el Bey, Ain Jourdel, Ain el Hadj Baba et Smendou (Bayle 1854, Gervais 1869, Thomas 1884) et les monuments funéraires de Ras el Ain Bou Merzoug, El Kheneg, Djebel Mazela, Ain el Bey, Djebel Merah, Oum Settas et Beni Medjaled (Féraud 1863, Faidherbe 1868, Thomas 1878, Henri 1881, Jullien 1882, Chabassière 1886 -1887, Sauret 1887, Reboud 1875, Mercier 1885). Une première description d’escargotière est donnée par Thomas à Ain el Bey (Thomas 1877).


Au même moment, deux nouvelles escargotières sont signalées par Joleaud à Ain Kerma et Oued Yacoub (Joleaud et Joly, 1909) ainsi que des gravures et peintures rupestres dans les communes du Khroub et d’El Aria –Kef Sidi Salah, Kef Fentaria, Guechguech, Ain Nhas- (Bosco et Solignac 1911). Les explorations des nécropoles mégalithiques se poursuivent avec la découverte des dolmens et bazinas de Bekira, Djebel Kellal, Djebel Ouahch, Mechtat Tafrent, Hadj Baba, Sidi Abdelmalek, Djebel Krouma et Kef el Amour (Debruge 1909b, Joleaud et Joly 1908). 


Le rythme des découvertes se ralentit après 1916. Seul Solignac fera mention de deux nouvelles stations rupestres au Djebel Mazela et à Chabet el Heulsa (Solignac 1928). 


La première occupation humaine de Constantine s’est faite dans un paysage sensiblement différent du paysage actuel. En effet, la période comprise entre la fin du pliocène et le début du pléistocène supérieur a vu l’émergence en horst du rocher de Constantine et de Sidi Mcid et la mise en place progressive du canyon de l’Oued Rhummel. Les témoins de cette évolution du relief due à une acticité néotectonique peuvent être détectés en divers points de la ville. Ils sont particulièrement nombreux à l’est de celle-ci où l’on peut observer des calcaires lacustres du quaternaire ancien situés à différentes altitudes à Bekira (630m), Sidi Mcid (785m) et à Sidi Mabrouk (675m). 

En observant depuis la passerelle vers l’ouest, on distingue encore les vestiges d’un ancien pont romain, témoin des multiples civilisations ayant marqué Constantine. Sur la rive droite, des escaliers descendaient autrefois vers le hammam de Salah Bey, alimenté par une source thermale aujourd’hui disparue, où le célèbre bey aimait se détendre.



Les fresques de Dar Ahmed

Plus de 2000 mètres carrés de murs de palais ont été décorés de peintures a faite à base de pigments naturels représentant les voyages d'Ahmed Bey à Alger, Alexandrie, Tunis, Tripoli, Istanbul, Candie, La Canée au Caire, et au Hejaz (La Mecque & Médine) en 1818 et 1819, ainsi que d'autres voyages avant et après son règne en tant que Bey de Constantine[9]. Les peintures de La Canée, Candie et Le Caire constituent les ensembles les mieux conservés.

De plus, ces murs renferment 44 étendards et drapeaux, 3 mosquées, 78 espèces d'arbres, 36 voiliers, 66 frégates, de nombreuses maisons et différents types de bâtisses, simples ou surmontées de dômes, 69 minarets, 55 coupoles, 134 palmiers, de nombreuses inscriptions (seules 23 sont lisibles), 4 espèces d'oiseaux, 7 moulins à eau et à vent ainsi que 4 palais.

Une légende raconte que le Bey, trouvant le blanc des murs de son palais trop monotone, exigea de son intendant qu’il les peigne. Aucun Constantinois n’étant qualifié pour une telle tâche, l’intendant se rappela qu’un prisonnier italien croupissait depuis deux ans dans les geôles de la ville. Il le fit alors libérer afin qu’il réalise les fresques. « Mais Votre Seigneurie se trompe, je n'ai jamais peint ni dessiné de ma vie ; je suis cordonnier de mon état et je n'ai jamais manié d'autre instrument que l'alêne et le tranchet », répondit le prisonnier. « Tu vas te mettre à peindre, répondit l'intendant. Demain matin, je reviendrai voir ton ouvrage, et si je ne suis pas content, je te ferai administrer vingt-cinq coups de fouet. Si au contraire tu exécutes mes ordres, je te promets la liberté ». Perplexe et hésitant, l’Italien finit par s’incliner. Contraint de s’improviser artiste, il se met à dessiner avec maladresse, traçant des canons, des boulets et des navires aux grandes voiles, comme le ferait un enfant. Une fois son travail achevé, il reçoit, à sa grande surprise, les éloges de l’intendant pour son œuvre et retrouve sa liberté. Toutefois, ce récit folklorique est peu vraisemblable, car dès le XVIIIe siècle, des employés européens, chargés de la reconstruction de la ville, étaient déjà sollicités pour peindre les appartements du khalifa.

Victor Barrucand témoigne que : « Il y eut autrefois une tradition barbaresque de peinture à la gouache qui a laissé des images précieuses et stylisées de l’ancienne ville. Quelques-unes étaient datées et signées. La meilleure époque de cette peinture indigène est le commencement du XIXe siècle, qui fut une période de prospérité pour la Régence ». Il ajoute également qu'un certain Hadj Youssef figure parmi les peintres sélectionnés pour cette tâche, tandis qu'une restauration des peintures est entreprise autour de 1860.

Laurent-Charles Féraud décrit la technique employée : « Quelques barbes de plumes liées au bout d’un roseau leur servaient de pinceau, et une demi-douzaine de tasses à café posées sur un réchaud (fourneau en terre) contenaient, sans cesse à l’état liquide, les couleurs à la colle dont ils avaient besoin ».

Ces peintures se distinguent par leur représentation originale du pèlerinage de Constantine à La Mecque, une véritable fresque méditerranéenne retraçant les étapes du voyage : Alger, Tunis, La Goulette, Tripoli, Alexandrie, Le Caire, Candie, Rhodes, Djedda et Médine. Déroulée comme un parchemin, cette œuvre évoque le périple spirituel effectué par Hadj Ahmed vers les lieux saints de l’islam. D'une richesse picturale remarquable, elle présente, sur un fond rouge, des habitations chaulées de blanc et bleu, des palmiers aux teintes jaune sablonneux et vert en approchant du Hedjaz, ainsi que des navires à voiles naviguant sur une Méditerranée profonde d'un bleu marine, tandis que seuls de petits felouques osent s'aventurer sur la mer Rouge. Des détails tels que des sabres, des canons, des arbres feuillus et des palmiers apparaissent au fil des climats traversés, le tout accompagné de légendes explicatives[8].

On distingue également "El-Djazaïr el-Mahroussa", Alger la bien gardée. La fresque représente la ville sous forme d'un plan triangulaire avec son port, à l'extrémité duquel se trouve le "Bordj el-Fenar", ainsi que sa casbah identifiée par une inscription, le tombeau de Sidi Abderrahmane et le Bordj Moulay Hassan. Tous ces monuments sont surmontés du drapeau rouge d'Alger. Sous cette scène, des navires et des canons échangent des tirs, les batteries des remparts de la ville ripostant avec vigueur. Cette représentation pourrait évoquer l'armada de Charles Quint, vaincue en 1541, ce qui valut à la ville son surnom de "bien gardée", ou peut-être le blocus imposé par la flotte française de 1827 jusqu'à la prise de la ville en 1830, à laquelle Hadj Ahmed assista en tant que témoin et combattant. La fresque présente un intérêt historique notable, car elle constitue l'une des rares représentations connues réalisées par des Algériens sur leur propre histoire.

La scène représentant Candie est encadrée dans un panneau rectangulaire, délimité dans sa partie supérieure par des tentures décoratives. Cette peinture, couvrant une surface de 26 m², a été réalisée à la colle sur un enduit de chaux sablé et badigeonné.

L’architecture navale se dévoile également dans la peinture à travers la représentation de divers bateaux et navires.

Le bateau (a) semble être un navire marchand néerlandais à trois mâts apparu à la fin du XVIe siècle. Le second, un Chebek (b), était un petit voilier méditerranéen utilisé pour le commerce ou la guerre. Enfin, le navire (c) est un galion, un grand voilier armé escortant les échanges coloniaux entre le XVIe et le XVIIIe siècle.

Les fresques de Dard Ahmed


Exécutées durant la construction de la demeure, entre 1826 et 1835, les fresques du Palais du Bey couvrent près de 2000 m² de surface, elles ont sans doute l’attraction majeure de ce lieu, par leur caractère exceptionnel en Algérie et en Afrique du Nord.


Légende


La légende veut que le Bey, trouvant le blanc des murs de son palais trop monotone, exige de son intendant qu’il les peigne. Aucun Constantinois n’étant compétant, l’intendant se rappela qu’un prisonnier italien croupissait depuis deux ans dans les geôles de la ville, il le fait alors libérer afin qu’il réalise les fresques : « Mais, Votre Seigneurie se trompe, je n'ai jamais peint, ni dessiné de ma vie ; je suis cordonnier de mon état et je n'ai jamais manié d'autre instrument, que l'alêne et le tranchet » répondit le prisonnier.


« Tu vas te mettre à peindre, répondit l'intendant. Demain matin, je reviendrai voir ton ouvrage, et si je ne suis pas content, je te ferai administrer vingt-cinq coups de fouet. Si au contraire tu exécutes mes ordres, je te promets la liberté ».


Désemparé et ne sachant trop quoi faire, l’Italien s’incline. C’est ainsi qu’il s’improvise artiste et se met à dessiner comme un enfant, esquissant des canons, des boulets et des bateaux aux larges voiles… Ayant terminé sa besogne, il reçoit à sa grande surprise les félicitations de l’intendant pour son œuvre et recouvre la liberté.


Le Bey ajoute « Je savais bien, moi, que tous les Français étaient peintres !»


Réalité et antécédents


Cette histoire n’est qu’une légende puisque déjà au XVIIIe siècle, des employés européens chargés de reconstruire le pont unique de la cité, sont appelés à peindre les appartements du khalifa de la ville.


Victor Barrucand témoigne que : « Il y eut autrefois une tradition barbaresque de peinture à la gouache qui a laissé des images précieuses et stylisées de l’ancienne ville. Quelques-unes étaient datées et signées. La meilleure époque de cette peinture indigène est le commencement du XIXe siècle, qui fut une période de prospérité pour la Régence ». C’est à cette époque que sont réalisées les polychromies du Palais de Dard Ahmed. Victor Barrucand[1] signale un certain Hadj Youssef qui apprit cet art en Égypte, chargé de le décorer. À l’époque coloniale, une restauration des peintures est entreprise vers 1860 parmi les peintres retenus, on cite Hadj Youssef.


Laurent-Charles Féraud décrit la technique employée : « Quelques barbes de plumes liées au bout d’un roseau leur servaient de pinceau, et une demi-douzaine de tasses à café posées sur un réchaud (fourneau en terre) contenaient, sans cesse à l’état liquide, les couleurs à la colle dont ils avaient besoin ».


Illustrations des fresques


Horace Vernet décrit le palais comme disposant d’« une délicieuse décoration d’opéra, tout de marbre blanc et de peintures de couleurs les plus vives, d’un goût charmant ». Cette décoration transparaît des pans de rideaux peints entre les arcades. Ils laissent entrevoir les jardins ou les fresques comme si une scène se découvrait au regard des visiteurs. Plus rarement, on trouve des représentations animalières comme une chèvre ou deux lions dont les contours enserrent des inscriptions calligraphiées.


Pour Théophile Gautier, ces lions « représentent quelque chef-d’œuvre d’écriture, dans lequel les noms des quatre apôtres musulmans, entrelacés […] forment une figure de lion », symbole de force.


La véritable originalité de ces peintures est dans la représentation, le pèlerinage de Constantine à La Mecque, véritable fresque méditerranéenne passant par Alger, Tunis, la Goulette, Tripoli, Alexandrie, Le Caire, Candie, Rhodes, Djedda et Médine. Cette fresque se déroule comme un parchemin, rappelant ainsi le pèlerinage que Hadj Ahmed fit sur les lieux saints de l’islam. D’une grande richesse picturale, cette œuvre reproduit sur un fond rouge, des habitations chaulées de blanc et bleu, puis des palmiers en jaune sablonneux et vert lorsqu’on s’approche de la région du Hedjaz, des navires à voiles parcourant la Méditerranée aux eaux profondes d’un bleu marine alors que seuls de petits felouks s’engagent dans la mer Rouge. On aperçoit, de temps en temps des sabres, des canons, des arbres feuillus, des palmiers, selon les climats parcourus, le tout étant accompagné de légendes.


On reconnaît également : « El-Djazaïr el-mahroussa », Alger la bien gardée ; le plan triangulaire de la ville blanche avec son port à l’extrémité duquel se situe le « bordj el-fenar », sa citadelle surmontée par une inscription « Qasba », le tombeau de Sidi Abderrahmane et enfin le bordj Moulay Hassan, tous les monuments étant surmontés du drapeau rouge d’Alger. Sous la fresque, des navires et des canons tirent des boulets sur la ville alors que les batteries situées sur les remparts de celle-ci ripostent avec force. Serait-ce l’armada de Charles-Quint, vaincue en 1541 et dont la cité tire sa gloire et le surnom de « bien gardée », ou serait-ce la flotte française qui fit un blocus de la ville de 1827 jusqu’à sa prise en 1830, ce dont le Bey fut le témoin oculaire puisqu’il participa aux combats ?

La fresque garde un caractère historique aussi rare qu’il est méconnu et précieux, puisqu’elle reste la seule représentation connue faite par des Algériens sur leur propre histoire, à l’époque même de la prise d’Alger.

La polychromie d’un périple nommé Orient


Les murs, ornés d’une polychromie de motifs géométriques et de calligraphies, couvrent près de 2000 m² de surface. Œuvre maîtresse du palais, cette peinture aux couleurs solaires relate le périple de quinze mois qu’entreprend Ahmed bey pour effectuer son pèlerinage. Le visiteur peut admirer les différentes villes visitées de Tunis à la Médine tout en passant par Tripoli, Alexandrie, Le Caire, Istanbul, ou encore l’île Kandia. La polychromie, tel un livre ouvert, permet également une lecture biographique de la vie du Bey et témoigne notamment des batailles livrées aux côtés du dey d’Alger. Cette sublime fresque dévoile entre autres : quarante-quatre drapeaux étendards, trois mosquées, soixante-neuf minarets, cinquante-cinq coupoles, trente-six voiliers, soixante-six frégates, de nombreuses maisons, sept moulins à eau et à vent et quatre palais, soixante-dix huit espèces d’arbres et dont cent trente-quatre palmiers, quatre espèces d’oiseaux, sept moulins à eau et à vent et quatre palais.  


Pour les historiens, la polychromie du palais représente un document historique rare qui fournit de nouveaux éléments de réponse sur l’empire ottoman et la régence d’Alger. 


A quelques encablures avant la Médersa, inaugurée en 1909, aux murs blancs immaculés, avec son dôme et sa belle architecture, se dressent les ruines des maisons de la rue des tanneurs (Dar Debagh), où l’on faisait le traitement et la teinture du cuir. Juste à quelques mètres, on reconnaît l’ancienne fabrique de tabac de Bentchicou. C’est le quartier d’Echatt, situé sur la falaise, où se trouvait également le lieu appelé El Marma, par lequel on jetait les ordures ménagères dans le Rhumel, bien avant l’occupation de la ville par l’armée française.

On peut voir aussi au n°100 de la rue Larbi Ben M’hidi (ex- Georges Clemenceau), le fameux immeuble blanc à six étages. Une bâtisse qui abritait le siège de la Dépêche de Constantine devenu après l’indépendance celui du journal francophone Annasr, arabisé en 1972. Avant d’arriver au pont d’El Kantara, on remarque à droite l’un des derniers boulodromes de la ville, où des passionnés venaient s’adonner à un jeu qui faisait la fierté de la ville. 


Trois arcs de triomphe avaient été dressés. L’un au pont El Kantara par les cheminots, un autre en haut de la rue Nationale et le dernier dans l’avenue Lamoricière.



Sauf que ce dernier, bien aménagé, beaucoup mieux entretenu, et surtout plus robuste, est traversé par le tramway. Celui de Constantine, plus fragile, en raison des problèmes des glissements, a été interdit depuis des années aux bus. En quittant la voûte de Bab El Kantara, le Rhumel creuse son lit sous un arc naturel, pour descendre vers la vallée de Hamma Bouziane, en passant sous le pont des Chutes, menant vers la piscine de la localité de Sidi M’cid. Construit en 1928, il sera centenaire dans trois ans. 
https://elwatan.dz/quartier-de-la-casbah-a-constantine-un-lieu-charge-dhistoire-et-de-memoire/

Abou Obeid El Bekri, un voyageur qui a visité la ville, affirme que «Constantine est d'accès si difficile qu'aucune forteresse ne saurait lui être comparée».
Selon El Idrissi, le célèbre géographe arabe, la ville est l'une des plus fortes places du monde. Certains historiens ont manifesté leur étonnement en proclamant qu'il est difficile d'échapper à un sentiment de stupéfaction mêlé de respect et presque d'effroi, lorsqu'on se retrouve, pour la première fois, en face de cette ville étrange, ce nid d'aigle, cette ville fantastique… 

Forteresse des gouverneurs turcs 

En quittant le boulevard de l’ex-Yougoslavie et en prenant juste le virage à droite, on se retrouve après quelques pas dans le quartier de la Casbah. Faisant partie du patrimoine sauvegardé de la vieille médina de Constantine par décret paru en 2005, ce lieu n’est plus cette caserne qui continue de défier le temps sur la rue Abdellah Bouhroum, (ex-rue Damrémont). L’histoire retient peu de détails sur ce qu’a été la Casbah, forteresse des gouverneurs turcs, et encore moins sur les constructions qu’elle abritait avant la conquête française en 1837. Dans son livre La ville imprenable – Une histoire sociale de Constantine au XVIIIe siècle  (éditions Media-Plus en 2004), l’historienne Isabelle Grangaud écrit : «Ce n’est qu’à partir du XVIIIe siècle que les gouverneurs turcs, maîtres de Constantine depuis plus d’un siècle, décident véritablement de sortir de la Casbah pour investir l’espace de la cité.» On ne sait pas encore exactement l’époque ou la date de la construction de l’ensemble des bâtiments comprenant habitat et caserne et constituant le siège de l’administration beylicale. Les travaux d’urbanisation initiés par Salah Bey, qui a régné sur Constantine et le beylicat de l’Est entre 1771 et 1792, participeront à leur tour de l’investissement de l’espace urbain hors des murs de la caserne de la Casbah. C’est la lecture d’une carte de la ville, établie en 1837, par Ernest Mercier, historien de l’Afrique du Nord, qui permet d’identifier des lieux restés jusque-là inconnus. Délimitée par le ravin à l’ouest, la Casbah était séparée par une ruelle du quartier de Tabia au sud et colle presque jusqu’au nord au site de Sidi Abdelkader vers la limite du rocher. Une seule artère, qui finit sa course à Bab El Casbah, sépare la caserne de la partie Est s’étendant jusqu’à Zekak El Blate (actuellement rue du 19 mai 1956) et qui part de Souk El Ghzel (le marché de la laine) jusqu’au marché de Souk El Asser pour s’étendre plus à l’est vers Souk El Djemaâ, qui n’existe plus aujourd’hui et sur lequel sera bâti l’ex-lycée d’Aumale (l’actuel lycée Redha Houhou), le premier établissement d’enseignement secondaire dans toute la région Est de l’Algérie, construit à partir de 1858. Un lieu qui avait vu défiler des dizaines de jeunes algériens, qui on su braver toutes les difficultés pour suivre des études et devenir plus tard des cadres du pays. 


Entre histoires et légendes  

Pour de nombreux Constantinois, des lieux que renfermaient les remparts de la Casbah demeurent des noms que seuls certains livres gardent pour la postérité après leur disparition, quelques années seulement après l’entrée des troupes françaises, un vendredi 13 octobre 1837, dans une ville encore meurtrie par le sort qui lui a été réservé. Dans l’imposante caserne construite sur des vestiges romains, on retient, juste pour l’histoire, des sites comme Stah El Mouadjen situé à l’extrémité ouest du ravin, Djamaâ El Casbah, les habitations de Houmet Kedida et Terbiat Houka, juste derrière la porte, ainsi que les maisons de Ouled Ben Hassein et les fontaines de Aïoun El Casbah ou encore, Kobbet Bechir à l’angle sud de la caserne. Après la conquête de 1837, la Casbah a subi des modifications importantes. Elle a été entourée d’une enceinte régulière et continue. Toutes les constructions qui s’y trouvaient ont été démolies pour faire place aux casernes d’infanterie, à l’hôpital militaire et à la prison établie, dit-on dans les citernes romaines qui alimentaient la ville en eau. La rue qui recevra le nom de Damrémont (actuelle rue Abdellah Bouhroum), en référence au commandant de l’expédition tué la veille de l’entrée dans la ville, exactement le jeudi 12 octobre 1837, et qui s’arrêtait à la porte de la Casbah, sera autant que possible élargie, régularisée et poussée jusqu’au ravin. Tous les pâtés de maisons situées à l’ouest de Sidi El Kettani, où se trouvaient aussi des biens de Salah Bey, avaient disparu. La division de la ville d’est en ouest en vue d’aménager un quartier européen a été décidée par un arrêté de 1844. L’administration de la ville sera, le 29 avril 1848, soustraite aux Constantinois avec la nomination, à la place de Caïd El bled (Représentant de la population auprès de l’administration coloniale), du capitaine Gasselin, un officier à la retraite. Les vieilles maisons du versant ouest de la médina ont été remplacées par des bâtisses au style européen ayant abrité des Français, des juifs, et quelques familles arabes. Le quartier de Tabia abritera plus tard le siège de la préfecture à la rue Sauzai (actuellement rue Souidani Boudjemaâ), alors que l’Hôtel de ville a remplacé le site de la zaouïa de Sidi Ali Benmekhlouf. Plus au nord, le site de Sidi Abdelkader sera dégagé pour la construction, plusieurs années plus tard, du pont suspendu et l’ouverture d’une route descendant jusqu’à la cité d’El Kantara. 


La guillotine qui a fauché des vies humaines  

La caserne de la Casbah abrite aussi la célèbre prison militaire construite par les Français entre 1854 et 1866, et dont les murs gardent encore des pages héroïques de la lutte armée. L’histoire des centaines de militants de la cause nationale qui y ont séjourné durant la Guerre de libération est encore ignorée. Non loin de la rue Kimouche Youcef, juste en face de l’école El Kettania, une plaque de marbre, portant les noms gravés des martyrs guillotinés, souffre de l’anonymat.  Entre le 7 août 1956 et le 30 avril 1958, 57 hommes, originaires de plusieurs régions de l’Est algérien ont été guillotinés. Ils ont été condamnés à la peine de mort après leur arrestation suite à des attentats commis dans des lieux publics ou contre des militaires français. Le premier avait été Mohamed Belkhiria, natif de Souk Ahras, arrêté le 17 mai 1956 et exécuté le 7 août 1956 (il avait 23 ans), soit quelques semaines après Ahmed Zabana et Abdelkader Ferradj, exécutés le 19 juin 1956 à Alger et Laïb Ahmed Ben Mohamed, guillotiné le 3 juillet 1956 à Oran. Après Belkhiria, d’autres martyrs suivront. On citera, entre autres, Hadjadj Bachir, l’un des moudjahidine ayant déclenché les attaques du 1er novembre 1954 dans la région d’El Khroub (Wilaya I historique – Les Aurès), ancien compagnon de cellule de Mustapha Ben Boulaid à la prison du Coudiat. C’était lui qui avait proposé le plan de l’évasion, mais il n’a pas eu la chance de s’enfuir. Parmi les martyrs de la sinistre prison de la Casbah, on trouve aussi Mustapha Aouati et Amor Zaâmouche, respectivement responsables politique et militaire de l’organisation du FLN-ALN dans la ville de Constantine avant leur arrestation au mois de mars 1957. 


On rappelle également les noms de Bouchama Abdellah, Mentouri Belkacem, ou encore Benmeliek Abderrahmane qui a été guillotiné le 4 mars 1958, le jour de son 26e anniversaire, pour ne citer que ceux-là. La série se terminera le 30 avril 1958 avec l’exécution des trois derniers, à savoir Bouras Tayeb, Hamadou Hocine et Bouchelaghem Mohamed Tayeb. De nombreux moudjahidine et fidayine incarcérés, ayant échappé à la guillotine, y resteront jusqu’à leur libération après la proclamation du cessez-le-feu du 19 mars 1962. La Casbah de Constantine recèle aussi d’autres sites qui marquent son histoire, à l’instar de la maison qui a vu grandir l’imam Abdelhamid Benbadis dans le passage qui porte aujourd’hui le nom de son père, El Mekki Benbadis. Cependant, elle a subi de sérieuses dégradations. C’est à partir de cette maison que sa dépouille est sortie, accompagnée d’une foule immense, pour traverser les rues de la ville en direction du cimetière familial à la cité des Martyrs. Avec toutes ses richesses culturelles, cultuelles et historiques, la Casbah, qui attire toujours des visiteurs étrangers, a connu de sérieuses dégradations dans son bâti. Elle attend depuis des années une réhabilitation qui tarde à venir. 



https://www.trajectoires-dissidentes.com/2018/03/18/la-rue-de-france-cest-une-rue-dalgerie-rolland-doukhan-un-poete-algerien/


https://www.persee.fr/doc/geo_0003-4010_1918_num_27_148_5369

Corpus des gravures et des peintures rupestres de la région de Constantine

https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/recconstantine1916/0266/image,info

Constantine Durant la Période Antique.



. Constantine et sa Région à la Préhistoire.


Constantine et sa région furent occupées par l’homme dès les temps préhistoriques. Les découvertes archéologiques attestent d’une présence humaine très ancienne, remontant aux débuts du Quaternaire. Elles témoignent notamment du passage des premiers hominines, puis des Néandertaliens. Au cours des périodes suivantes, la région connut le Néolithique et, plus tard, le développement de la civilisation mégalithique.

De nombreux sites préhistoriques ont été découverts aux alentours de Constantine. Le plateau de Mansourah compte parmi les plus anciens. Des ossements d’hippopotames ainsi que des galets taillés y ont été mis au jour, témoignant de l’ancienneté de l’occupation humaine dans la région.

Le Djebel El Ouahch a également livré de nombreux vestiges, notamment des pointes amygdaloïdes, des grattoirs et divers outils en pierre. La Grotte des Ours, qui doit son nom aux nombreux ossements d’ours qui y furent découverts, a révélé des vestiges appartenant à différentes périodes préhistoriques. On y a notamment retrouvé une importante quantité de quartzite datant du Paléolithique, ainsi que des vestiges néolithiques comprenant de la céramique, des outils en pierre et en os polis et des objets en silex.

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Grotte de Pigeons. Constantine.
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D’autres cavités témoignent également de l’occupation préhistorique de la région. La Grotte aux Mouflons doit son nom aux ossements de mouflons qui y ont été découverts. La Grotte des Pigeons, quant à elle, aurait principalement servi de nécropole et serait attribuée au Néolithique.

Enfin, la présence de la civilisation mégalithique est attestée par les nombreux dolmens et monuments funéraires dispersés dans la région de Constantine. Parmi les principaux sites figurent Tiddis, Roknia, Bou Nouara, Djebel Merah et Ras El Aïn Bou Merzoug. Ces vestiges témoignent de l’importance de la région dans l’histoire préhistorique de l’Est algérien.



. Constantine à l'Epoque Punique.

Bien avant de devenir l’actuelle Constantine, la cité portait le nom de Cirta, dont l’histoire témoigne d’une importante influence du monde punique. Les sources antiques et les découvertes archéologiques attestent de cette présence, tandis que le nom même de Cirta serait apparenté au terme punique Qart, signifiant « ville ». 

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Monnaie Punique. Musée Nationale de Setif.
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Cette influence s’étendait également à la région, comme le prouvent les inscriptions puniques découvertes à Sila, Sigus, Tigisis, Tiddis, Mila et El Khroub. 

Au IIIᵉ siècle avant J.-C., Cirta connaît une période d’apogée, marquée par un important développement économique et urbain, qui la place parmi les grandes cités de l’Afrique du Nord antique. Près d’un millier de stèles puniques ont été découvertes dans la région, avec une concentration particulièrement remarquable sur le site d’El Hofra. 

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Stèles Puniques. Musée Cirta.
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Ces témoignages livrent également des informations sur les pratiques religieuses de la cité : Baal Hamon y occupe une place prééminente et, à une exception près, est cité avant Tanit, contrairement à l’usage généralement observé à Carthage.



. Constantine durant la Période Royale Numide.

Constantine joua un rôle primordial durant la période royale numide. Sous le règne de Syphax (215 à 203 av. J.-C.), Cirta fut l’une des cités majeures du royaume berbère des Massæsyles.

Au début de la deuxième guerre punique (218 à 201 av. J.-C.), Syphax s’allia aux Romains contre les Carthaginois. Après son mariage avec Sophonisbe, une jeune aristocrate carthaginoise, Syphax se rangea du côté de Carthage, tandis que son rival, Massinissa (fils de Gaïa, roi des Massyles), ancien allié des Carthaginois se rangea du côté de Rome.

Syphax fut vaincu près de Cirta par les forces de Massinissa et Caius Laelius. Fait prisonnier, il vit Cirta tomber aux mains de son rival. Emmené en Italie pour figurer au triomphe de Scipion, il mourut peu après à Tibur (actuelle Tivoli), vers 203 av. J.-C.

La prise de Cirta marqua le début de l’ascension de  Massinissa qui régna de 202 av. J.-C. jusqu'à sa mort en 148 av. J.-C. Il étendit son royaume sur un vaste territoire compris entre la Moulouya, à l’ouest, et la Tusca, près de Tabarka, à l’est. Il fit de Cirta sa capitale et contribua à son embellissement, notamment par la construction d’un palais.

À sa mort en 148 av. J.-C., son royaume fut partagé entre ses trois fils, Micipsa, Gulussa et Mastanabal, qui reçurent le titre de rois et se répartirent les principales fonctions du pouvoir, notamment l’administration, l’armée et la justice.

Après la mort de ses deux frères, Micipsa (148 à 118 av. J.-C.) demeura seul à la tête du royaume numide. Cirta devint alors, un carrefour économique et culturel majeur en Méditerranée. 

Attirés par le commerce du blé numide, de nombreux marchands grecs et italiens s'y installèrent. La ville connut aussi un grand rayonnement spirituel, comme en témoigne le célèbre sanctuaire d'El Hofra, dédié aux divinités Baal Hammon et Tanit, illustrant le brassage des cultures berbère et punique au cœur de la capitale.

À la mort de Micipsa, en 118  av. J.-C., le pouvoir fut partagé entre Adherbal, Hiempsal (fils de Micipsa) et Jugurtha (fils de Mastanabal).

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Monnaie du Royaume de Massinissa ou Micipsa.
Musée National des Antiquité et Arts Islamique. Alger
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Hiempsal fut assassiné peu après. Le royaume fut alors partagé entre Adherbal (118 à 112  av. J.-C.) et Jugurtha (118 à 105  av. J.-C.), qui entrèrent en conflit au sujet du partage du pouvoir. Jugurtha finit par s’imposer et revendiqua l’ensemble du royaume numide.

Jugurtha assiégea Cirta. La ville fut bientôt confrontée à la famine et Adherbal finit par capituler en 112  av. J.-C. Malgré sa reddition, il fut mis à mort par son rival, tandis que les marchands italiens de la ville furent massacrés, déclenchant ainsi l'intervention directe de Rome et le début de la guerre de Jugurtha.

Après la défaite de Jugurtha, celui-ci fut livré aux Romains en 105  av. J.-C. par Bocchus Ier, roi de Maurétanie, son ancien allié et beau-père. 

Conduit à Rome, il fut présenté lors du triomphe du général Caius Marius, puis emprisonné dans le Tullianum, une prison située au pied du Capitole. Il y mourut en 104  av. J.-C., mettant ainsi fin au destin du dernier grand roi numide indépendant. 

Durant les décennies suivantes, le royaume numide fut affaibli et morcelé sous la tutelle romaine.

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Cellule de Jugurtha à Rome.
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Pendant la guerre civile qui opposa César à Pompée, Cirta demeura la capitale de la Numidie sous l'autorité de Hiempsal II (88 à 60  av. J.-C.), fils de Gauda (demi-frère de Jugurtha), fils de Mastanabal, fils de Massinissa, puis de son fils Juba I (60 à 46 av. J.-C.), dernier roi des numides. 

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Monnaie du Royaume de Juba I.  
Musée National des Antiquité et Arts Islamique. Alger
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Après la défaite et le suicide de Juba I (fils de Hiempsal II) en 46  av. J-C. face à César, la partie orientale de la Numidie est annexée par Rome et intégrée à une province appelée Africa Nova.



. De Cirta à Constantine : Plus de 500 ans d'Histoire Romaine.


. La Naissance d'une Puissance Romaine (Ier siècle av. J.-C.).

Tout commence pendant les guerres civiles romaines. Sittius, un aventurier italien à la solde de Jules César, s'empare de la ville. Après sa victoire, César lui offre la cité et ses terres, à condition qu'elle soit habitée par des citoyens romains. 

Cirta devient alors une colonie officielle sous le nom de Colonia Julia Cirta. La ville s'organise rapidement : elle est dirigée par deux duumvirs, un questeur et un magistrat fiscal. Elle prend surtout la tête d'une puissante alliance régionale, la Confédération cirtéenne, qui regroupe Rusicade (Skikda), Milev (Mila), Chullu (Collo) et plus tard Cuicul (Djemila).

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La Panthère bachique. Chabersas ou Oued H’mimine.
II-IIIe siècles selon Lancha ou III-Ive siècles selon Dunbabin
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Malgré les tentatives du prince numide Arabion pour reconquérir les terres de ses ancêtres, Cirta reste romaine. La cité reçoit même le titre honorifique de Colonia Julia Juvenalis Honoris et Virtutis Cirta.


. La Destruction de la Ville (IIIe - IVe siècle).

En 297 apr. J.-C., la région est réorganisée et Cirta devient la capitale de la Numidie cirtéenne. Mais le drame couve. En 310 apr. J.-C., le vicaire d'Afrique, Domitius Alexander, se révolte contre l'empereur Maxence. Les habitants de Cirta choisissent son camp et l'acclament comme le « Restaurateur de la liberté publique ». 

La vengeance de l'empereur Maxence est terrible : en 311 apr. J.-C., ses troupes assiègent la ville et la détruisent totalement.

. La Renaissance : Constantin et l'Essor Religieux.

La cité romaine aurait pu s'éteindre là, mais son destin bascule grâce à l'empereur Constantin Ier. Après avoir vaincu Maxence, Constantin décide de reconstruire intégralement la ville en 313 apr. J.-C. Pour célébrer cette renaissance, la ville abandonne le nom de Cirta et adopte celui de son bienfaiteur : Constantina (l'actuelle Constantine), qui devient la capitale de la Numidia Constantina.

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Monnaie de Constantine I. Musée de Cherchell.
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Au début du Ve siècle, Constantine devient le théâtre de grandes fractures religieuses avec l'essor du donatisme (un mouvement chrétien affirmant que seuls les prêtres irréprochables peuvent administrer les sacrements). Le plus célèbre fut l'évêque Petilianus, marquera l'histoire par ses débats théologiques acharnés contre Saint Augustin. 

. Voyage au Cœur de la Constantine Antique.

Sous le pavé de la Constantine moderne sommeille l'antique Cirta, l'une des cités les plus fastueuses de l'Afrique romaine. Au fil des siècles et des fouilles archéologiques, la topographie de cette métropole s'est dévoilée, révélant une organisation urbaine spectaculaire, rythmée par des monuments grandioses.

. La Haute Citadelle et le Génie de l'Eau.

L'actuel quartier de la Casbah, hérité de l'époque ottomane, repose en réalité sur les fondations du Capitole romain. Véritable forteresse militaire et spirituelle, ce complexe rayonnait par son luxe. C'est en son sein que fut découverte la célèbre statuette en bronze de la Victoire ailée, chef-d'œuvre de la sculpture antique. 

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La Victoire de Cirta.
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Les fouilles y ont également révélé un ensemble architectural dense : une église chrétienne, les remparts d'origine et deux temples païens majestueux entourés de colonnades. 

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Le Capitole selon les planches de Amable Ravoisié.
Restitution IA.
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Pour alimenter ce quartier en eau, les ingénieurs romains avaient conçu un réseau hydraulique complexe. Des citernes massives, bâties près de l'ancienne prison militaire, recevaient l'eau par un premier aqueduc depuis la colline de Coudiat Ati, elle-même connectée à d'autres citernes, et un second ouvrage d'art en amont.

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L'Aqueduc Romain selon les planches de Amable Ravoisié.
Restitution IA.
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. Le Forum : Cœur Battant de la Cité.

En redescendant vers l'actuelle place du Palais du Bey, on pénétrait dans le centre névralgique de la vie publique : le Forum. Jusqu'au milieu du XIXe siècle, les vestiges de l'arc de triomphe dédié au magistrat Caecilius Natalius marquaient l'entrée de cette place monumentale. Tout près, un tétrapyle se dressait fièrement au carrefour des voies.

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Arc de Triomphe selon les Planches de Amable Ravoisié.
Restitution IA.
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Le quartier abritait également la basilique judiciaire, dont il ne reste aujourd'hui que de précieux pavements de mosaïque, ainsi que le tout premier amphithéâtre de la ville. Ce lieu de spectacle frappait par sa taille étonnamment modeste, affichant un rayon de seulement 14 mètres.

. Des Spectacles aux Monuments Funéraires.

Autour de la Brèche, les Romains venaient se recueillir dans une série de sanctuaires et de chapelles. C'est à la sortie de cette place que reposaient l'orfèvre Praecilius et sa fille, dans un imposant tombeau cubique. Plus bas, les vastes terrains de la gare actuelle accueillaient les clameurs des courses de chars au sein d'un grand hippodrome.

. Un Patrimoine Dispersé et Eternel.

L'empreinte romaine s'étendait bien au-delà de ces quartiers. Cirta s'enorgueillissait du prestigieux portique de Gratien, des thermes d’Arrius Pacatus excavés en 1857, et du réseau thermal de Caecina Albinus. Le panthéon romain y était célébré à chaque coin de rue à travers des temples dédiés à Pallas, Bacchus, Julie ou Saturne.

Certains de ces monuments ont traversé le temps de manière inattendue : le temple de Vénus et de la Concorde a été démantelé pour que ses superbes colonnes et chapiteaux de marbre viennent soutenir les arcades de la Grande Mosquée de Constantine. Enfin, pour relier la ville au reste de l'Empire par-dessus le gouffre du Rhummel, se dressait le pont d'Antonin, ultime chef-d'œuvre architectural dont l'effondrement en 1857 marqua la fin d'une époque.

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Le Pont Romains selon les Planches de Amable Ravoisié.
Restitution IA.
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. Aux Romains succédèrent les Vandales qui occupèrent la ville en 455. Cependant comme ils s'intéressaient peu aux villes de l'intérieur du pays, ils préférèrent résider à hippone puis Carthage.


. Après les Vandales, vinrent les Byzantins. Sous leur domination, Constantine fut le siège de Dux Numidiae, gouverneur militaire de la province. La ville fut ceinte de remparts et de tours construits avec des matériaux empruntés aux monuments anciens. Une église fut édifiée à l'intérieur du Capitole, entrainant ainsi la destruction des monuments romains.   


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La Conquête Arabe de Constantine.


. Constantine au Cœur de la Conquête Fatimide.

Constantine joua un rôle important dans les événements qui précédèrent la conquête du royaume Aghlabide par les Fatimides. Après la prise de Sétif par les Fatimides, en octobre-novembre 904, l’armée Aghlabide prit position à Constantine sous le commandement d’Ibrahim Ibn Habachi, cousin de l’émir Aghlabide Ziyadet Allah. Depuis la ville, elle lança plusieurs attaques contre les Kutama de la région et parvint à contraindre une partie d’entre eux à se soumettre.

De son côté, Abou Abdallah al-Chi’i, qui commandait les troupes Fatimides, adopta d’abord une attitude défensive. Ibrahim Ibn Habachi rejoignit ensuite le gouverneur de Tobna avec ses troupes, formant une armée qui aurait compté jusqu’à 100 000 hommes. En mai-juin 905, les deux armées se rencontrèrent et les forces Aghlabides subirent une lourde défaite face aux Fatimides.

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Monnaie Aghlabide.
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A l'époque des Zirides, qui succédèrent aux Fatimides après leur depart vers l'Egypte, et sous le regne de l'émir El Mansour, Constantine eu pour gouverneur Abou Za'bal Ibn Hicham qui obtint également le gouvernement de Tidjis et de Qasr el Ifriqui. Celui-ci fut tué en 999 par le chef Zénète Felfoul Ibn Saïd, gouverneur de Tobna, révolté contre l'émir Ziride Badis. Constantine et les deux autres localités passérent ensuite sous l'autorité de Hammad Ibn Bologhine, oncle de Badis

Constantine durant la Période Ottomane.


À partir de 1535, suite à la conquête de Tunis par Kheireddine Barberousse, Constantine passe sous contrôle ottoman et devient rattachée à Alger. La ville est administrée successivement par des caïds, walis, puis des Beys nommés par Alger. 

Ces derniers devaient se rendre à Alger tous les trois ans, au printemps, pour remettre personnellement le Dennouche au Pacha. 

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Composition du Dennouche. 
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. Constantine entre 1535 et 1647.

Durant cette période, Constantine fut administrée successivement par des caïds puis des walis, avant que ses gouverneurs n’adoptent le titre de bey à partir de 1563. Le premier à porter ce titre fut Hassan Agha. Sous son gouvernement, des opérations militaires furent menées contre Annaba, tombée aux mains de Charles Quint en juillet 1535.

La seconde moitié du XVIe siècle fut marquée par plusieurs troubles. En 1568, une première révolte éclata contre l’administration et les abus des autorités ottomanes. Une nouvelle insurrection survint en 1572. En 1582, une épidémie de peste frappa durement Constantine, causant de nombreuses victimes.

Vers 1600, la région fut de nouveau plongée dans l’instabilité avec la rébellion du cheikh Sidi Yahia Ibn Slimane El-Aourassi. De nombreuses tribus arabes se joignirent à lui et infligèrent de lourdes pertes aux forces ottomanes. Le cheikh fut finalement tué par trahison. Son fils lui succéda à la tête du mouvement avant de se soumettre aux autorités turques.

En 1602, une nouvelle épidémie de peste éclata dans la ville, suivie de neuf années de sécheresse qui aggravèrent considérablement les difficultés de la population. 

En 1607, le bey Mohamed Ibn Ferhat se distingua en portant secours à Annaba, menacée par les forces chrétiennes. Son successeur, Hassan Bey, mourut de la peste en 1622.

En 1634, une nouvelle épidémie de peste ravagea la population. Trois ans plus tard, en 1637, le cheikh saharien Ahmed Ibn Sekhri souleva la région, mettant une grande partie de la province à feu et à sang. Entre 1644 et 1647, une nouvelle épidémie de peste, accompagnée d’une grave famine, aggravèrent encore la situation. Constantine et sa région traversèrent ainsi une succession de révoltes, d’épidémies, de sécheresses et de famines qui éprouvèrent profondément la population.

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Mode de Transmission de la Peste. 
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. De Ferhat Bey à Kelian Bey (1647-1713).

Cette période, qui s’étend de 1647 à 1713, est marquée par la succession de 17 beys à la tête de la province de Constantine. Le premier fut Ferhat Bey, choisi par la population. Il fut ensuite remplacé par son fils Mohamed. Ferhat Bey mourut le 16 octobre 1664, tandis que Mohamed conserva le pouvoir jusqu’en 1666, puis fut remplacé par son oncle Redjeb Bey, qui administra la province avec sagesse pendant 6 ans.

Son successeur, Kheireddine Bey, fut le dernier bey choisi directement par la population. Le mode de désignation changea ensuite : les beys furent désormais sélectionnés parmi les familles turques influentes de la province.

Le premier bey issu de cette élite turque fut Dali Bey, exécuté sur ordre des autorités d’Alger. Il fut remplacé par son fils Bech Agha Bey, qui gouverna 9 ans, puis par Chaban Bey pendant 4 ans. Vint ensuite Ali Khoudja Bey, dont le règne fut marqué par l’invasion d’une partie de l’Algérie par Mourad Bey de Tunis.

Ali Khoudja Bey affronta les troupes de Mourad Bey près de Sétif, où il trouva la mort au combat. Il fut remplacé par Ahmed, fils de Ferhat Bey, hostile à l’influence turque croissante, et condamné à mort.

Il fut remplacé par Ibrahim El-Euldj, qui prit part à l’expédition militaire contre Tunis aux côtés du pacha d’Alger. 

Deux monuments furent construits durant cette période : la mosquée Rahbat es Souf à Constantine et Dar Aziza à Alger, édifié par Redjeb Bey pour sa femme Aziza, fille du Dey d’Alger.

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Dar Aziza. Alger.
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. Règne de Kelian Bey Bou Kemia (1713 - 1736).

Durant cette période, Constantine retrouva sa stabilité. Son premier soin fut de pacifier le pays. Il eu à combattre pendant son règne le chef arabe Bou Aziz, la princesse Oum Hani, et le Bey de Tunis. C'est sous son règne que fut édifiée la Mosquée Souk El Ghezel de Constantine.

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Mosquée du Bey (Souk el Ghazl). Coté rue de France.
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. Règne de Hassen Bey Ibn Hossein dit Bou Hanek (1736 - 1754). 

Fils de Kelian Bey, Hassen Bey dit Bou Hanek maintint la paix et la tranquillité. Il neutralisa l’ancien Bey de Tunis Hossein Bey et combattu les Ouled Saoula, opposés à la domination turque. Il mourut en 1754 et fut inhumé à la mosquée de Sidi Lakhdar. Deux édifices religieux furent construits sous son règne : les mosquées Sidi Lakhdar et Sidi Abderrahmane el Quaroui.


. Règne de Hossein Bey Azreg Ainou (1754 - 1756). 

Hussein Bey Azreg Aïnou était le gendre du bey Bou Hanek. Turc de naissance, il s’engagea très jeune dans les rangs de l’Odjāk et participa à l’expédition de Tunis aux côtés du bey Bou Kemia.

Durant son règne, il entreprit de réorganiser l’administration de Constantine. Il regroupa les artisans et les commerçants en corporations, placées sous l’autorité d’un amine. Il veilla également à une répartition équitable de l’impôt entre les différentes catégories de la population et exerça une surveillance rigoureuse sur les agents chargés de sa perception. Il participa par ailleurs à la guerre qui opposa la Régence d’Alger à Ali Pacha de Tunis.


. Règne d'Ahmed Bey El Qolli (1756 - 1771).

Il fut Gouverneur de Collo ce qui lui a valu le surnom d'El Qolli. Il participa à l'expédition de Tunis auprès du Bey Azreg Aïnou. Il encouragea l'agriculture et ordonna la construction de la Mosquée à Collo, et de nombreux monuments à Constantine dont une caserne de Janissaires. 

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Mosquée  de Collo.
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C'est sous son règne que fut restauré la mosquée de Sidi Abdelmoumen.

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Mosquée  Sidi Abdelmoumen. Constantine.
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. Règne de Salah Bey (1771 - 1792).

Salah Bey serait né à Smyrne en 1725. À l’âge de 16 ans, il quitta sa ville natale après avoir tué l’un de ses camarades. Engagé comme soldat, il fut envoyé à Constantine, où il se distingua auprès du bey, qui le nomma à la tête des Haraktas et lui donna sa fille en mariage. Il devint ensuite khalifa de son beau-père, avant de lui succéder en 1771 à la tête du Beylik de l’Est algérien.

Sa première expédition fut dirigée contre les Ouled Naïl, qui supportaient difficilement la tutelle turque. Il remporta une victoire décisive sur eux, puis mena une campagne contre les Ouled Amor, au cours de laquelle il se montra particulièrement sévère.

En 1775, Salah Bey participa, avec une importante force de cavalerie (20000 cavaliers), à la défense d’Alger lors de l’attaque menée par le comte O’Reilly. Il réussit également à imposer au pacha de Tunis, Hammouda Pacha, le versement d’une importante indemnité à la Régence d’Alger. Il ramena aussi à l’obéissance le gouverneur de Touggourt, qui ne versait jusque-là qu’un faible tribut au gouvernement ottoman.

Dans les Zibans, il rétablit l’ordre entre les tribus des Ouled Akkaz et des Bengana, qui s’affrontaient régulièrement. Il fit également recenser les oasis et organisa la répartition de l’eau en fonction du nombre de palmiers et d’arbres fruitiers. Très attaché au développement agricole, il encouragea notamment la culture du riz et fit construire des moulins à proximité des chutes d’eau.

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Mosquée Sidi El Kettani en Cours de Restauration (2023).
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Salah Bey réorganisa également le commerce dans les principaux ports du Beylik. Il établit à Collo, Stora, Annaba et la Calle des oukils, chargés de percevoir les droits d’entrée et de sortie des marchandises.

À Constantine, il entreprit d’importants travaux d’aménagement. Il fit construire la mosquée de Sidi El Kettani ainsi que deux médersas, celles de Sidi El Kettani et de Sidi Lakhdar. Il aménagea également un nouveau quartier destiné à la communauté juive et fit restaurer le pont d’El Kantara.

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Pont Bab el Kantara.1856. John Beasley Greene.
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Après plusieurs conflits avec des hommes de religion et avec les autorités de la Régence d’Alger, Salah Bey fut finalement arrêté puis exécuté sur ordre du dey d’Alger en 1792.


. Constantine, de la mort de Salah Bey à l'avènement d'Ahmed Bey (1792 - 1826).

Au cours de cette période, 18 beys se succédèrent à la tête du Beylik de l’Est algérien. Le premier fut Hossein Bey, fils de Bey Bou Hanek. Il acheva la restauration du pont d’El Kantara et fit construire un Dar el-Houkouma, aujourd’hui disparu. Exécuté en 1795 sur ordre du Dey d’Alger, il fut inhumé dans la mosquée Sidi Lakhdar, auprès de son père.

Il fut remplacé par Mustapha el Ouznadji, ancien Bey de Médéa durant vingt ans, qui fut exécuté sur ordre d’Alger pour avoir refusé de livrer du blé à la France. Hadj Mustapha Ingliz Bey lui succéda, mais fut destitué en raison de la conduite de son fils.

En 1803, Osman Bey, fils de Mohamed el Kebir, Bey d’Oran, prit à son tour la tête du Beylik. Il mourut après seulement dix-huit mois de règne, au cours d’une expédition contre un marabout originaire du Maroc. Son successeur, Abdallah Bey, connut un règne marqué par les tensions entre Alger et Tunis. Il fut finalement exécuté, avec son épouse, après avoir protesté contre la cession de La Calle aux Anglais.

Hosseïn Bey, fils de Salah Bey, prit le pouvoir. Son règne fut marqué par le siège de Constantine par les Tunisiens, qui dura près de trente jours. À la suite de la défaite des Algériens lors de leur expédition en Tunisie, Hosseïn Bey fut mis à mort.

Ali Bey lui succéda, mais ne régna qu’un an avant d’être tué lors d’une révolte fomentée par Ahmed Chaouch. Il fut remplacé par Ahmed Tobbal, fils du Dey d’Alger, puis Ahmed Pacha, qui fut à son tour exécuté pour avoir livré trois chargements de blé au négociant juif Bacri.

Na'man Bey gouverna ensuite pendant trois ans avant de périr à M'sila. Il fut suivi de Mohamed Tchakeur Bey, qui régna trois ans avant d’être exécuté. Kara Mustapha, ancien caïd de M'sila, lui succéda pendant un mois, puis Ahmed el-Mamlouk, qui ne conserva le pouvoir que sept mois avant d’être exilé à Mazouna.

M'hamed Bey el-Mili régna ensuite durant trois ans. Réputé pour sa grande brutalité, il aurait remplacé le yatagan par la pioche (chettabia) lors des exécutions, ce qui lui valut le surnom de Bou Chettabi. Il fut remplacé par Braham el-Bey Gherbi, qui gouverna pendant un an.

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Le Yatagan.
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Ahmed Bey el-Mamlouk reprit ensuite le pouvoir de 1820 à 1822, avant d’être de nouveau interné à Mazouna. Brahim Bey el-Gritli lui succéda pour deux ans. Après une expédition victorieuse contre les Nememchas, il subit une lourde défaite face aux Ouled Si Ali Tehamamet, ce qui entraîna sa destitution et son emprisonnement.


. El Hadj Ahmed Bey, dernier bey de Constantine.

El Hadj Ahmed Bey fut le dernier gouverneur ottoman de Constantine. Il administra sa province avec fermeté et équité et parvint également à neutraliser le parti turc qui s’opposait à son autorité.

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Hadj Ahmed Bey. Photo réalisée par IA.
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En 1830, il participa, à la tête de ses troupes, à la lutte contre les Français. À son retour à Constantine, il consacra tous ses efforts à la défense de la ville, notamment en renforçant et en surélevant les remparts et en les réarmant avec des pièces d’artillerie. Il créa également un nouveau corps de zouaves, soumis à des exercices et à des manœuvres régulières.

Par la suite, Ahmed Bey fut nommé pacha et fit frapper monnaie à son nom. En 1831, un hôtel des monnaies fut construit à proximité de son palais.

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Galeries du Palais Ahmed Bey.
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Son adversaire, Brahim Bey, profita de la situation pour s’emparer d’Annaba par surprise. Ahmed Bey reprit la ville en 1832, mais ne parvint pas à reconquérir la Casbah, qui était occupée par les Français et les Turcs.

La même année, Ferhat Ibn Saïd se révolta dans le Sahara, mais fut vaincu. Le cheikh El Arab Bengana prit ensuite la tête d’une révolte, avant de faire sa soumission neuf mois plus tard.

En 1834, Ahmed Bey marcha sur M’sila aux côtés d’Ahmed Bou Mezrag, fils de l’ancien bey de Médéa. Ils se dirigèrent ensuite vers le Titteri, où Ahmed Bou Mezrag parvint à reprendre son ancien poste.

En 1835, les Français attaquèrent Constantine, mais furent mis en déroute. Deux ans plus tard, en 1837, la ville finit par se rendre après avoir opposé une résistance héroïque aux troupes françaises.


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