Coloeus monedula cirtensis est une sous-espèce du Choucas des tours (Coloeus monedula), un oiseau appartenant à la famille des Corvidae. Endémique de la ville de Constantine en Algérie, cette sous-espèce ne se rencontre nulle part ailleurs dans le monde. Morphologiquement, C. m. cirtensis présente les mêmes caractéristiques générales que les autres sous-espèces du choucas, avec un corps noir, des parties inférieures gris ardoise, une nuque et des côtés de la tête grisâtres, ainsi qu’un iris blanc très distinctif. Cependant, elle se distingue par sa taille plus réduite, étant la plus petite des quatre sous-espèces connues, avec une longueur d’aile pliée comprise entre 218 et 228 mm.
Cette sous-espèce vit et niche principalement dans les gorges du Rhummel, au cœur de Constantine, où elle trouve des falaises et cavités propices à la reproduction. Elle a été décrite pour la première fois en 1912 par Rothschild et Hartert, à la suite de leurs travaux ornithologiques en Algérie. Le nom cirtensis provient de Cirta, l’ancien nom romain de Constantine, soulignant ainsi son lien étroit avec cette région.
Bien que l’espèce Coloeus monedula soit globalement classée par BirdLife International dans la catégorie de préoccupation mineure, la sous-espèce cirtensis est considérée comme menacée, en raison de son aire de répartition extrêmement restreinte et de son effectif très limité.
Une Légende :
La légende de Sidi M’Hammed Loghrab raconte l’histoire d’un marabout respecté de Constantine, condamné à mort par Salah Bey, le bey de la ville. Selon la coutume de l’époque, les condamnés étaient enfermés dans un sac et jetés du haut de la falaise de la Casbah, à un endroit appelé Kef Chekara. Avant son exécution, Sidi M’Hammed demanda que sa main et son bâton restent hors du sac, requête que les bourreaux acceptèrent. Lorsqu’il fut précipité dans le vide, un corbeau s’échappa soudain du sac et s’envola à toute vitesse : c’était Sidi M’Hammed lui-même, qui aurait usé de ses pouvoirs magiques pour se transformer en corbeau et échapper à la mort.
Cette légende, profondément ancrée dans la mémoire populaire constantinoise, est à l’origine du surnom “Loghrab”, signifiant “le corbeau” en arabe.


