La Gare de Constantine.

 

Implantée à l’est de Constantine, dans le quartier de Nasri Saïd, appelé également Bab El Qantara, la gare est séparée de la vieille ville par l’Oued Rhumel. Elle occupe une superficie de plus de 3 000 mètres carrés et se démarque par une façade imposante, agrémentée d’une grande horloge circulaire, de carreaux distinctifs, de portes en bois et de nombreuses fenêtres aux formes rectangulaires et semi-circulaires. L’ensemble est complété par deux balcons, dont l’un repose sur des boiseries délicatement sculptées, évoquant les moucharabiehs anciens.

Gare Ferroviaire de Constantine.


Dès l’accès au hall principal, les voyageurs sont accueillis par de larges fenêtres modernisées laissant entrer abondamment la lumière naturelle. Sur le côté gauche, une salle d’attente équipée de sièges sur toute sa longueur offre une vue directe sur le quai.

Horloge de la Gare.


Inauguré en 1857, le bâtiment adopte un style architectural européen rappelant les anciens édifices du centre-ville. Il se caractérise par de hauts plafonds, de vastes fenêtres rectangulaires surmontées de demi-cercles et des vitrages donnant une sensation d’insonorisation.



La Gare de Constantine : Un cadre privilégié pour le cinéma historique.

Le style unique de la gare de Constantine, presque inchangé depuis plus d’un siècle et demi, a séduit de nombreux cinéastes. Son authenticité a permis de tourner plusieurs longs métrages et documentaires sans besoin de décors supplémentaires, que ce soit dans la salle d’attente, sur les quais ou à proximité. Le film Larbi Ben M’hidi en est un exemple récent, et plus de huit œuvres y ont été tournées au total.


Collection Timbres Algérie Poste 2008 : Les Gares d'Algérie.




. La statue de l’empereur Constantin.

. Un Peu d'Histoire. 

Fondée au VIᵉ siècle avant J.-C., Cirta devint la capitale du royaume de Numidie sous Massinissa avant de passer sous domination romaine. La ville se retrouva au cœur des luttes de pouvoir à Rome et soutint Constantin contre ses rivaux. En représailles, Maxence la fit assiéger en 311, avant d’être vaincu par Constantin l’année suivante.

Pour marquer sa victoire, Constantin fit reconstruire et embellir la ville, lui donnant le nom de Constantina en 313. Unique en Afrique romaine à bénéficier de tels privilèges, elle devint un centre historique, politique et culturel majeur. Dix-sept ans plus tard, l’empereur fonda également Constantinople, future capitale de l’Empire ottoman et aujourd’hui Istanbul.


La statue de Constantin a été réalisée par le sculpteur français Lucien Brasseur (1878-1960), lauréat du Grand Prix de Rome en 1905 et auteur de nombreux monuments aux morts en France. Il y reproduisit en marbre une œuvre antique conservée à la basilique Saint-Jean-de-Latran à Rome

Statue de Constantin à la basilique Saint-Jean-de-Latran à Rome.


Commandée en 1908 par la mairie de Constantine pour honorer l’empereur qui donna son nom à la ville, la statue arriva à Constantine en février 1913. Elle fut d’abord entreposée dans la halle aux grains de l’ancienne place Lamoricière (actuelle place des Martyrs), en attendant la démolition du magasin à orge de la place de la Brèche, où elle devait être installée.


Après plusieurs mois d’incertitudes, elle fut érigée la même année à El Kantara, face à la gare, au bord du ravin. Ce n’est qu’en 1923, à la fin des travaux sur le boulevard de la gare, que la statue trouva sa place définitive au centre de la place. L’empereur y est représenté debout, drapé de son paludamentum, et sur son piédestal est gravée l’inscription :

" À Constantin le Grand, qui releva de ses ruines Cirta détruite par Maxence et lui donna son nom en 313. ".

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