Le Palais d’Ahmed Bey, l’un des vestiges les mieux conservés de l’époque beylicale, est situé au sein de la médina de Constantine, sur la pente sud-est du socle rocheux qui soutient le centre historique.
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Entrée du Palais Ahmed Bey.
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Palais du Bey, Place Si El Houes et Mosquée Souk El Ghezal.
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Anciennement Place Foch.
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Hadj Ahmed Bey entreprit l’édification de ce palais à partir de la propriété familiale, Dar Oum Ennoun, qu’il élargit en annexant plusieurs maisons voisines.
Pour mener ce projet ambitieux, l’équivalent d’un quartier entier fut rasé. Cependant, Dar Oum Ennoun disparut sous la colonisation française, et seuls deux colonnes témoignent aujourd’hui de la demeure familiale d’Ahmed Bey.
Le Palais Ahmed Bey s'étend sur une superficie totale de 5 609 m², sans compter les jardins. Cet édifice repose sur des fondations solides adaptées à la forte pente du terrain. Sa construction fut confiée aux deux architectes Algériens : El Djabri, et El Khetabi.
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Maquette du Palais Ahmed Bey.
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De forme rectangulaire, le palais se compose de trois corps de logis à un étage, séparés par deux jardins. L’usage du marbre, du bois de cèdre et de faïences venues de différentes régions renforce le luxe et le prestige du lieu.
Les appartements s’ouvrent sur des galeries et cours intérieures, assurant fraîcheur et luminosité tout en préservant l’intimité.
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Jardin du Palais Ahmed Bey.
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L’architecture mauresque se manifeste à travers les colonnes d’inspiration romaine, les mosaïques et les motifs floraux et géométriques qui ornent sols, murs et plafonds.
Les 22 galeries couvrent près de 23 % de la surface totale, et conférent au palais une dimension presque mystique. Le palais abrite également une salle de réception somptueuse, une bibliothèque richement décorée et la seule salle de bain mauresque préservée en Algérie, témoignant de l’importance accordée au confort et à l’hygiène.
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Architecture Mauresque du Palais Ahmed Bey.
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Après la prise de Constantine en 1837, le palais fut occupé par les forces coloniales françaises, transformé en hôpital militaire, puis en Hôtel de la Division, avant d’accueillir de nombreuses personnalités européennes.
Classé monument historique en 1935, il devint après l’indépendance un lieu de manifestations culturelles et un musée national, présentant les arts et expressions culturelles traditionnels.
1. Le Pavillon Familial.
Le Pavillon Familial servait de résidence à la famille du Bey. Il accueillait la mère du Bey Ahmed, ses quatre épouses, ainsi que Fatima, sa fille unique, à qui une suite entière était réservée.
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Le Pavillon Familial. du Palais Ahmed Bey.
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La chambre de Fatima était aménagée avec raffinement, et s’ouvrait sur deux pièces supplémentaires. Elle disposait d’un accès direct vers le harem situé au rez-de-chaussée.
L’édifice était décoré de moucharabiehs et de vitraux colorés, préservant ainsi l’intimité de la vie familiale.
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La Suite de Fatima.
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Le pavillon comprenait également les chambres des épouses du Bey, chacune organisée selon une configuration spécifique : une entrée appelée m’qadem, un salon central nommé el-iwan et, de part et d’autre, deux espaces destinés au rangement.
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Chambres du Pavillon Familial.
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2. Le Diwane était la salle du conseil où Ahmed Bey recevait ses dignitaires et gérait les affaires de l’État. Grâce à ses quinze fenêtres, cette grande salle de 20 mètres de long sur 10 mètres de large, lui offrait une vue d’ensemble sur son palais, lui permettant ainsi, de surveiller les lieux en permanence. Pour renforcer la sécurité, des portes secrètes dissimulées sous forme d’armoires furent aménagées, offrant des issues discrètes en cas de besoin.
Le pavillon administratif abritait également deux tribunaux civils, l’un pour le rite malékite et l’autre pour le rite hanafite, ainsi qu’un tribunal militaire. Leur organisation était particulièrement rigoureuse : les audiences étaient tenues du samedi au jeudi par deux juges, tandis que le vendredi était réservé à Ahmed Bey lui-même pour trancher les affaires les plus délicates.
Aujourd’hui, le Diwane a été soigneusement reconstitué grâce à une scénographie mettant en scène trois figurines représentant Ahmed Bey, son premier ministre Ali Ben-Aïssa, et son ministre de la Défense Ben Othman.
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Le Diwane du Palais du Bey.
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Ancienne Photo du Diwane.
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La salle expose également des étendards, le drapeau rouge du beylik de l’Est, des lettres, des pièces de monnaie en or, argent et bronze, ainsi que le sceau du bey, témoignant de l’autorité et du prestige de la régence.
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Objets Exposés au Diwane.
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Diverses Correspondances dont Certaines Codées.
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Inscription en Arabe de la fondation de la Mosquée Souq Al Ghezal
(1143 H / 1730 apr. J.-C.).
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Sa conservation au Musée remonte probablement à l'époque coloniale, d'autant plus que la Mosquée Souq Al Ghezal fut transformée en cathédrale durant cette période.
L'inscription est gravée en arabe, en écriture Thuluth, sur une plaque de marbre mesurant 125 cm de long et 62 cm de large. L'inscription a été réalisée selon la technique de la gravure profonde et remplie de plomb.
بسم اللّه الرحمن الرحيم صلى اللّه على سيدنا محمد .. في بيوت أذن اللّه أن ترفع و يذكر فيها اسمه يسبح له فيها بلغدو و الآصال .. غرف المحامد أم قصور تعبد أم جنة الرضوان للمجتهد .. أم جامع جمع المحاسن فانثنت في جيد منشيه أعز مقلد.. بيت يقام بها عماد الدين في ظل امتثال الإله الأوحد .. كالشمس إلا أن تلك إلى الأفول و هذه فالبر ذاث تخلد .. وسعت بما وسع يدا حسين ضاحكة بما للراكعين السجد .. يرجو بها من يسبل السر المذال على العصاة إذا أتوه في غد .. يا خير من يرجى لكل مؤمل نوله في الدارين أسعد مقصد .. ولئن تسل تاريخه فأتى به باي الزمان حسين بن محمد سنة 1142
Traduction.
"Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Qu'Allah bénisse notre maître Muhammad. Dans des maisons qu'Allah a permis d'élever et où Son nom est invoqué, et où l'on Le glorifie, matin et soir. S'agit-il de demeures de louanges ou de palais de dévotion ? Ou des jardins du Paradis pour les fidèles assidus ? Ou d'une mosquée réunissant toutes les vertus, rayonnant de beauté, la plus noble à suivre. Une demeure où le pilier de la foi se dresse à l'ombre de l'obéissance au Dieu Unique tel un soleil qui ne se couche jamais, et qui demeure éternellement dans la droiture. Elle s'est étendue à la mesure de la générosité de « Hussein », accueillant avec bienveillance ceux qui se prosternent, dans l'espoir que le secret leur soit révélé lorsqu'ils s'y présenteront demain. Ô toi en qui tout espérant place son espoir, accordant le bonheur dans les deux mondes ; quant à son histoire, elle remonte à l'époque de Hussein bin Muhammad, en l'an 1142".
3. Le Jardin d’Orangers et le Jardin de Palmiers.
Grand amateur de végétation, le maître des lieux accordait une importance particulière à ces espaces verdoyants. Il possédait deux jardins majeurs :
. Djnan al-Tchina, ou Jardin des Orangers, qui appartenait au Pavillon d’Été, se distinguait par une végétation dense. Celle-ci offrait fraîcheur et ombrage durant la saison estivale.
. Le Jardin des Palmiers, surnommé « le Grand Jardin » en raison de ses dimensions plus vastes, appartenait au Pavillon d’Hiver. Sa superficie lui permettait de bénéficier d’un meilleur ensoleillement durant la saison froide. Le chauffage de l’ensemble était assuré par un hammam installé au sous-sol.
L’un des éléments les plus étonnants est la présence d’un imposant cèdre de l’Atlas, dont l’ombre se répand sur une grande partie du jardin. On raconte que Napoléon III, lors de sa visite à Constantine, planta lui-même le cèdre. Cet arbre, habitué aux altitudes proches de 1400 mètres, prospère à seulement 650 mètres.
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Pavillon Eté. Le Jardin des Orangers.
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Galeries du Palais Ahmed Bey.
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Photo Ancienne.
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Pavillon Hivers. Le Jardin des Palmiers.
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4. Le Harem et son Bassin :
Après l’indépendance, le palais fut réaffecté à des fonctions culturelles et servit également de siège provisoire à l’évêché. Cette nouvelle utilisation intervenait après une période marquée par l’occupation française, durant laquelle l’armée coloniale avait ajouté une extension et profondément modifié l’espace intérieur.
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Le Bassin / Le Harem.
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Ces transformations avaient conduit à la destruction d’un bassin du Harem, ainsi qu'une partie des jardins, altérant l’authenticité du site et endommageant certains éléments décoratifs, dont une fresque importante.
À partir des années 1980, une vaste campagne de restauration fut engagée pour retrouver l’apparence originelle du palais. Les restaurateurs s’appuyèrent largement sur d’anciennes photographies et diverses archives pour restituer des éléments disparus.
Les images d’époque montrèrent qu’il s’agissait d’un espace traversé par un passage où les femmes du Harem pouvaient s’installer, les pieds dans l’eau, pour se détendre.
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Le Passage vers le Bassin.
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Le bassin fut finalement restitué dans son état d’origine grâce aux travaux dirigés par l’architecte Abdelaziz Badjadja, qui fit réintroduire un bassin en marbre reprenant fidèlement la conception initiale.
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Le Bassin vu de Divers Angles.
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La Fontaine du Bassin.
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. L’ensemble du palais est mis en valeur par un remarquable ensemble de 540 volets, portes et fenêtres en bois de cèdre, finement gravés et ornés de motifs décoratifs dans des tons rouges, verts et jaunes.
Le raffinement du décor s’exprime particulièrement dans la sculpture minutieuse de ces boiseries, qui répond à des codes précis : une porte richement ornée à l’extérieur mais sobre à l’intérieur indique un espace réservé aux hommes, tandis qu’une porte décorée côté intérieur mais simple à l’extérieur désigne une pièce destinée aux femmes.
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Portes Décorées du Palais du Bey.
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5. Les Colonnades constituent l’un des éléments architecturaux les plus emblématiques du palais d’Ahmed Bey. Les arcades, le plus souvent ogivales, reposent sur un ensemble remarquable de 247 colonnes monolithes en marbre blanc, de tailles et de formes variées : certaines sont élancées et élégantes, d’autres plus trapues, présentant des sections rondes, carrées, torsadées ou octogonales. Leur diamètre oscille entre 15 et 25 cm, tandis que leur hauteur ne dépasse généralement pas 2,5 mètres.
Une partie de ces colonnes fut importée d’Italie par l’intermédiaire du Génois Schiaffino, en échange de cargaisons de blé ; d’autres proviennent de demeures plus anciennes réemployées dans la construction du palais. Leur origine italienne se reconnaît souvent au croissant de lune sculpté sur les chapiteaux, marquage destiné aux exportations vers les Régences barbaresques.
Les chapiteaux eux-mêmes présentent une grande diversité stylistique : certains, richement ornés de feuillages et de grappes de fruits, évoquent l’ordre Corinthien ; d’autres rappellent des influences toscane ou gréco-byzantine.
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Colonnades du Palais du Bey.
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6. Les Carrés de Faïence du Palais du Bey de Constantine.
Près de 47 000 carreaux de faïence ornent harmonieusement les murs du palais d’Ahmed Bey jusqu’à mi-hauteur. Ils contribuent à la fois à l’embellissement des espaces et à leur rafraîchissement naturel, grâce à leurs propriétés thermiques. On y a recensé 167 types différents de carreaux, provenant de Tunisie, d’Italie, de Marseille, de Syrie et de Hollande. Certains ayant même été récupérés dans de riches demeures constantinoises.
Les motifs floraux sont les plus fréquents : ils s’épanouissent sur des fonds blancs ou jaunes, apportant une touche lumineuse et raffinée aux pièces. D’autres carreaux présentent des motifs géométriques complexes, témoignant d’un savoir-faire fondé sur des calculs mathématiques précis.
Ces milliers de carreaux, véritables œuvres d’art, illustrent la richesse culturelle et artisanale qui marque l’ensemble du palais.
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Salle d'Exposition du Palais du Bey.
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Les Carrés de Faïence du Palais du Bey.
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